Gaël Perdriau arrive à la cour d'appel de Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )
Après un passage en prison et privé de son mandat de maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau a promis lundi de présenter "beaucoup d'éléments nouveaux" lors de son procès en appel pour chantage à la sextape sur son ex-premier adjoint.
L'ancien édile de 53 ans, qui s'est toujours dit innocent, a maintenu cette ligne à son arrivée devant la cour d'appel de Lyon. "Beaucoup d'éléments nouveaux vont pouvoir être révélés, qui démontrent que je dis la vérité depuis le début", a-t-il déclaré à la presse.
Le 1er décembre, Gaël Perdriau a été déclaré coupable de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, des faits "d'une extrême gravité" pour des élus "ignorants de leurs devoirs de dignité et d'exemplarité", selon le tribunal correctionnel de Lyon.
Malgré ses dénégations, il a été condamné à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d'inéligibilité, avec exécution provisoire, ce qui lui a valu de passer deux mois derrière les barreaux cet hiver.
Son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, qui a écopé de deux ans de prison ferme, n'a pas fait appel, mais devrait être convoqué comme témoin.
L'ancien maire a retrouvé dans le box deux co-prévenus, qui ont mis en oeuvre le sordide traquenard: l'ex-adjoint à l'Education Samy Kéfi-Jérôme et son compagnon d'alors, Gilles Rossary-Lenglet.
Les deux hommes, condamnés à trois ans ferme, ont admis avoir piégé l'ancien premier adjoint Gilles Artigues en le filmant à son insu en 2015 dans une chambre d'hôtel parisien avec un jeune prostitué qu'ils avaient recruté.
Une vidéo utilisée les années suivantes pour museler au conseil municipal l'ancien député UDI, soupçonné de vouloir prendre ses distances après avoir contribué à l'élection du LR Gaël Perdriau à la mairie grâce à une alliance entre leurs deux partis.
"Nouvelle épreuve"
Gaël Perdriau à son arrivée au tribunal à Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )
Lors de l'instruction et du premier procès, Gilles Rossary-Lenglet, qui a révélé le scandale à Mediapart en 2022, et Pierre Gauttieri ont assuré que le maire était le commanditaire de ce film, dont les auteurs ont été rémunérés via des subventions fictives à des associations stéphanoises.
"Cela n'a pas changé", a redit Gilles Rossary-Lenglet en arrivant au palais de justice lundi: la vidéo "il me l'a commanditée à moi", a-t-il poursuivi, expliquant avoir fait appel pour "empêcher" les deux autres prévenus "de mentir".
"Angoissé", "fatigué" de devoir endurer cette "nouvelle épreuve", Gilles Artigues a espéré, dans une interview sur la radio Ici Saint-Etienne réalisée juste avant le début du procès, "un sursaut" de la part de l'ancien maire. "J'aimerais qu'il dise les choses en vérité, mais je n'ai pas l'impression que ce soit la défense qu'il ait choisie..."
Gaël Perdriau "attend la vérité, à laquelle ne correspond pas le jugement de première instance, une erreur judiciaire", assène son conseil Me Jean-Félix Luciani. "Nous redirons tout simplement qu'il est innocent de tout", ajoute l'avocat auprès de l'AFP.
L'ancien édile a reconnu avoir été informé de l'existence d'une vidéo dès 2015 mais affirme ne l'avoir jamais visionnée et s'en être toujours "désintéressé", pensant qu'il s'agissait de "jeux" entre "adultes consentants".
Un scénario qui sera ardu à faire accréditer: dans des enregistrements audio de Gaël Perdriau réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2017 et 2018, il mentionne une vidéo "où on voit ce qu'il y a à voir" et ajoute: "une fois que c'est sur les réseaux sociaux, c'est plus du chantage (...), c'est une exécution".

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